Pour rebondir sur la précédente note, et le commentaire de la dilettante y afférent, encore une ressemblance troublante entre ce tableau "L'homme mort" peint par Edouard Manet vers 1864-1865 et "Le soldat mort", attribué à l'époque de Manet à Diégo Velasquez, et désormais à l'école italienne du XVIIème siècle.
Même angle de vue, avec ce raccourci de la pose en diagonale, assez habituelle dans les représentations de guerriers morts au combat (dès la série des batailles de San Romano peintes par Paolo Uccelo au début du XVème siècle).
Même apparence pour ces deux hommes que l'on pourrait croire simplement endormis si l'on ne fait pas attention pour le soldat mort, aux vanités sur le côté (os et crâne) et à sa main droite légèrement décharnée sur son corps, et pour l'homme mort, à la tâche de sang sous son épaule.
Même éclat du noir avec la lumière qui se reflète sur l'armure pour le soldat, avec le blanc des bas, de la ceinture, de la chemise et du revers de la veste qui augmente pour l'homme la luminosité du noir.
Fragment retravaillé d'un tableau créé pour le Salon de 1864, "Episode d'une course de taureaux" (voir un article très intéressant à ce sujet sur le blog appeau vert) le torero mort ou l'homme mort se rapproche déjà pour moi d'une certaine abstraction, fond uniforme, masses noires, blanches et roses ; avec un peu d'imagination, les tableaux "noir et blanc" de Soulages ne sont pas très loin ...

.jpg)



Oui, le contraste et l'ironie entre la vie violente et la mort en repos !
Cela me rappelle le Dormeur du Val de Rimbaud, sauf qu'il manque de l'herbe, le fleuve qui chante et des haillons d'argent...
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Rédigé par : joye | 29 janvier 2010 à 14:53
grosse peur en voyant mon pseudo, j'ai cru que j'avais encore commis une bêtise....
Rédigé par : elisabeth | 30 janvier 2010 à 13:45
Oui, merci Joye, c'est un poème que je trouve magnifique...
Rédigé par : myriam | 30 janvier 2010 à 15:01
et oui ! nous sommes obligés de te surveiller !!!!! LOL !!!
Rédigé par : myriam | 30 janvier 2010 à 15:02
Passage en zigzag dilettant, je reviendrai scruter de plus près tout ce que j'ai manqué. (En plus, l'accueil est froid aujourd'hui : un crâne et deux morts!!!)
;)
Rédigé par : mariev | 03 février 2010 à 22:28
Bonsoir Mariev, regarde rien que pour toi, j'ai mis quelques fleurs ! ;-) !
Rédigé par : myriam | 04 février 2010 à 22:52