Ce qui frappe d'abord chez Vassily Kandinsky c'est la couleur, des couleurs éclatantes qui vont envahir l'espace du tableau, puis qui vont peu à peu se superposer, s'espacer, se dissoudre, puis revenir mais mélangées pour former une œuvre abstraite. Ce qui frappe également ce sont les traits noirs pleins et déliés, étirés, courbés puis rectilignes qui vont imprimer une forme, rythmer la toile puis s'estomper dans ses dernières œuvres. Enfin, ce qui est très impressionnant et ce dont on profite pleinement à Beaubourg, c'est la taille des toiles qu'il peint ; dans l'ensemble, elles sont d'un très grand format.
Dans ce tableau "La montagne bleue", peint en 1908-1909, la composition est encore palpable même si elle est particulièrement audacieuse : un groupe de cavaliers caracole devant une montagne superbement bleue encadrée par deux arbres, l'un jaune et l'autre rouge, dessinés en contre-plongée.
Dans les années qui vont suivre Kandinsky va peindre à Munich un certain nombre de toiles qu'il appellera des
"Improvisations", ici l'Improvisation 26 (En ramant), peinte en 1912, ou des "Compositions", ci-dessous, Composition VII où progressivement il s'affranchit d'éléments réels pour parvenir à cette "capacité rendant possible la restitution des expériences infinies du vécu spirituel dans les choses matérielles et abstraites."
Ces compositions nous embarquent dans un univers particulier, très foisonnant, touffu, avec trois couleurs primaires (bleu, rouge, jaune) et des formes arrondies voir floues, aux antipodes du cubisme auquel cède Picasso à la même époque.
A suivre ...
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