Envie d'une petite balade dans un champ de coquelicots (ici et là), ou au bord du ciel (ici et là), ou tout simplement d'une petite bouffée d'air pur ? Je vous propose une petite immersion dans le vert !
En visitant au début de ce mois l'exposition Van Gogh "Entre terre et ciel" au Kunstmuseum de Bâle, mon œil a été accroché par quelques toiles et cette huile sur toile, "L'herbage aux papillons", en fait partie (ci-contre, National Gallery, Londres, (1)). Peinte en mai 1890, elle m'a fait penser à cette toile peinte quelques années plus tard, vers 1905, par Gustav Klimt "Rosiers sous les arbres" que l'on peut admirer au Musée d'Orsay (ci-dessous, (2)).
Dans ces deux toiles l'espace est saturé de vert, presque sans horizon, à tel point que sans la référence excentrée au petit chemin pour van Gogh et au petit coin de ciel bleu sur lequel se détache un arbre pour Klimt, nous serions en présence de deux toiles abstraites.
Autre point impressionnant dans ces deux toiles, c'est la large palette de verts utilisée, du vert très clair, un vert d'eau à un vert plus soutenu, voire vert émeraude, rehaussée par des pointes d'ocres, de jaune, de violet et de blanc (blanc des papillons, blanc des rosiers).
Pour autant l'impression dégagée est sensiblement différente. Chez van Gogh, avec les traits très fins qui épousent la forme des touffes d'herbe, on ressent le vent qui agite cet herbage, on sent la vie, le frémissement de la nature (3).
Chez Klimt, la juxtaposition des touches de couleur, façon mosaïque, donne un traitement particulier à la nature et, s'il n'y avait pas les quelques troncs d'arbres suggérés au premier plan, on serait perdu dans une luxuriance végétale et décorative ; pourtant, je me prends à rêver de trois silhouettes de femmes en lieu et place des rosiers tombants ...
(1) Si vous voulez découvrir d'autres toiles de van Gogh, je vous suggère une balade sur le blog de Grillon
(2) Notice du tableau "Rosiers sous les arbres" de Klimt sur le site du Musée d'Orsay
(3) Petite découverte aborigène que je trouve étonnement proche de la toile de van Gogh ...


Détraquée par le contraste entre les lignes inéchappables de Van Gogh et les points flous qui s'effondrent l'un sous/sur l'autre de Klimt, je n'aurais jamais pensé à y voir les similarités mais plutôt les contrastes.
Rédigé par: joye | 25 juin 2009 à 14:00
:-)
Rédigé par: myriam | 25 juin 2009 à 22:01
Bonjour chère Myriam,
J'aime beaucoup les deux toiles que vous proposez, vraiment. Ce que je retiens principalement de la confrontation entre les deux est la dissolution des formes chez Klimt, lesquelles sont encore présentes chez van Gogh. Toutes ces infinies variations autour du vert (on a la même chose chez certains peintres de natures mortes, notamment chez Louise Moillon) sont aussi rafraîchissantes qu'un peu inquiétantes, comme à chaque fois que la nature reprend ses droits en excluant l'Homme.
Bien amicalement.
Rédigé par: Jean-Christophe | 05 juillet 2009 à 17:25
Bonjour cher Jean-Christophe,
Tout à fait et je me permets de renvoyer vers votre billet "Les beaux étés de Louise Moillon" http://www.passee-des-arts.com/categorie-10819971.html
Pour moi, également ces variations autours du vert m'emportent vers une autre femme, Berthe Morisot, et son tableau "La chasse aux papillons" 1873, http://evilmonito.com/wp-content/uploads/2009/06/chasse_papillon.jpg
et surtout vers Monet et son Pont Japonais http://www.linternaute.com/musee/image_musee/540/55363_1303810991.jpg
Bien amicalement.
Rédigé par: myriam | 05 juillet 2009 à 19:04
merci pour les liens!! ;)
j'aime beaucoup ces deux tableaux, et me satisfais grandement de juste m'imprégner de leurs couleurs, de leur fraîcheur
bises!
Rédigé par: mariev | 06 juillet 2009 à 09:49
Belle journée Mariev ! Ici, cela vire au noir, le vent se lève, l'orage approche !
Bises
Rédigé par: myriam | 06 juillet 2009 à 15:02