Ce dimanche d'été, je vous emmène avec George Seurat un peu plus haut sur la Seine, à l'Ile de la Grande Jatte, l'un des lieux de promenade favoris des bourgeois parisiens à la fin du 19ème siècle. Il s'agit du tableau "Un dimanche après-midi à l'Ile de la GrandeJatte", peint en 1885 et visible au Art Institute of Chicago (of course Joye !).
La composition pointilliste de cette toile est très méthodique : lumière, ombre, ton local, interaction des couleurs, si bien que les personnages et les animaux semblent figés, très hiératiques, ils en sont presque artificiels. Même la végétation, les arbres à l'arrière plan, l'eau avec la Seine, les voiliers et les rameurs semblent n'avoir aucune vie et faire partie d'un décor.
Comme avec Bonnard (cf. le billet précédent), nous sommes également dans un instant que le peintre souhaite immortaliser, mais bien loin à mon sens, de la lecture chaleureuse qu'en a Bonnard ; c'est comme s'il avait voulu fixer une représentation exhaustive de la société de son temps.
Alors saurez-vous voir les quelques éléments insolites ou pittoresques de cette scène ? Voici un lien qui devrait vous permettre d'en découvrir un peu plus sur ce tableau !


j'aperçois un paquebot, un petit singe, encore que ce dernier soit peut-être un NAC ? je repasserai
Rédigé par: Wictoria | 21 juin 2009 à 09:48
un autre détail insolite : le bonhomme de neige, son manteau beige et sa cagoule écharpe rouge (vu en zoomant sinon, on ne le remarque pas)
Rédigé par: Wictoria | 21 juin 2009 à 17:11
Bon, je me jatte à l'eau:
1) le singe comme animal de compagnie,
2) Le vent gonflant la voile dans un sens et soufflant la fumée du bateau à vapeur dans un autre.
Il y a certainement encore à relever. J'en laisse pour les visiteurs suivants.
Rédigé par: Pierre (de Champ) | 21 juin 2009 à 19:41
Bienvenue sur notre blog Wictoria !
Un paquebot ? C'est un petit bateau à vapeur !
Un singe ? Effectivement c'est un singe tenu en laisse par la femme debout au premier plan. C'est assez souvent le symbole de la luxure et laisse peut être à penser que cette élégante était une prostituée.
Un bonhomme de neige ? On pourrait le croire ! En fait c'est une infirmière de la croix rouge vu de dos.
Rédigé par: Myriam et Philippe | 22 juin 2009 à 10:15
Bonjour Pierre, continuez à vous jattez à l'eau !
Je n'avais pas vu pour la voile et la fumée, quel coup d'œil aguerri à la mer.
Rédigé par: myriam | 22 juin 2009 à 10:19
Le monsieur sans manches parmi tous les autres habillés jusqu'au bout de leur zongles. ;-) Si j'ai bon souvenir, c'est l'artiste lui-même, non ?
Ce tableau figurait sur un de mes manuels de littérature quand je faisais mes études, un peu difficile de l'oublier, mais j'avoue de ne pas l'avoir examiné de très, très près comme un jeu de Where's Waldo. ;-)
Rédigé par: joye | 23 juin 2009 à 13:55
Bonjour Myriam et à tous,
Je n'avais vu que le singe et je n'en connaissais pas le symbole. Merci.
J'y aperçois un musicien (flûtiste) mais... déformation professionnelle ?? ;-))L'image qui me vient immédiatement à l'esprit est le joueur de pipeau de Hammelin et sa rivière, oh la la je m'égare ;o))
C'est curieux, le personnage genre "débardeur" (!) au premier plan si proche d'un couple élégant.
J'aime assez l'ensemble, ce type de peinture retient vraiment mon attention.
Bien amicalement.
Rédigé par: Ghislaine | 23 juin 2009 à 15:42
Hello Joye ! C'est vrai qu'il lui ressemble un peu ! mais je ne suis pas sûre que le peintre se soit représenté dans cette scène. ;-) !
"L'île de la banlieue apparaît chez Seurat telle une Arcadie moderne : ni bouteille vide, ni reliefs de pique-nique ne viennent souiller les pelouses ... Les visiteurs, les "modernes" comme les appelle Seurat, se promènent fort civilement ou se reposent à l'ombre. Personne ne se baigne, ni ne retire ses vêtements.
Fénéon parle de "population fortuite". Et, effectivement, il se mêle sur cette mince bande de terre entourée par la Seine, des gens de conditions sociales très diverses. Cependant, il est difficile aujourd'hui de distinguer si tel homme allongé, une casquette sur la tête et la pipe à la bouche, est un ouvrier des proches faubourgs industriels de Clichy ou un Parisien en tenue de canotiers".
Texte de Rose-Marie & Rainer Hagen "Les dessous des chefs-d'œuvre", Edition Taschen 2005, volume II, p. 683
Rédigé par: myriam | 23 juin 2009 à 18:29
Bonjour Ghislaine,
Le musicien joue plutôt d'un cuivre, mais à vrai dire dont la forme est un peu bizarre !
Sur ce tableau, Seurat fait coexister les classes sociales de l'époque, ouvriers, petits bourgeois, et quelques bourgeois fortunés (reconnaissables à leurs attributs, haut-de-forme, canne et monocle, comme l'homme debout au premier plan).
C'est vrai que la composition d'ensemble est très bien étudiée, d'ailleurs Seurat a réalisé toute une série de dessins préliminaires avant de peindre ce tableau.
"Seurat lui-même reconnaît avoir pris pour modèle une frise de temple réalisée par le sculpteur grec Phidias "Les Panathénées de Phidias étaient en procession. Je veux faire ambuler ainsi que sur ces frises les modernes, en ce qu'ils ont d'essentiel." Rose-Marie & Rainer Hagen, idem commentaire précédent
Bien amicalement
Rédigé par: myriam | 23 juin 2009 à 19:52
Merci Myriam pour vos précieuses explications. J'ai beaucoup à apprendre de vous et croyez bien que j'en suis ravie.
Très bonne fin de soirée.
Rédigé par: Ghislaine | 23 juin 2009 à 21:00
Je vous en prie Ghislaine, vous allez me faire rougir ...
Très bonne fin de soirée à vous également.
Rédigé par: myriam | 23 juin 2009 à 22:53